Le four à pain de Suzon

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En 1833 (*), la commune de Bouquet disposait encore de quatre fours communaux : Saussine, Le Puech, Bouquet et Suzon. De ces quatre fours, seul subsiste aujourd’hui celui de Suzon, dont encore il y a peu la voûte était intacte mais le toit en ruine. Sa restauration intervenue en fin du 20ème siècle lui a rendu son lustre. Par contre, autant le four à pain est bien restauré et en état de marche pour ceux qui le souhaitent, … autant il a tendance à fumer au grand dam de ses usagers. A l’époque, il était partagé entre six familles. Aujourd’hui, il peut être ouvert à qui souhaite l’utiliser.

Il faut se représenter que de tout temps, le pain fut l’aliment de base des populations. D’où la nécessité des fours pour la cuisson de tous les jours. Mais un four était une construction technique et coûteuse, et tous ne pouvaient pas en posséder ; les fours étaient également construits indépendamment des habitations pour éviter les incendies dans les habitats, – le feu étant un fléau constant…. : d’où la construction de fours communaux, commun à tous les villageois. “Une enquête menée en 1549 par les prud’hommes du diocèse d’Uzès, avec les manants et les consuls du mandement du Bouquet, nous informe qu’au four à pain faict four qui veult”.

Le four à pain de Saussine, hameau sans doute le plus peuplé à l’époque, fut construit en 1614. Ce hameau comptait quinze familles qui payaient donc les tailles et les cens pour ce four commun. Le hameau du Puech en possédait un pour six familles. Il y en avait un également au mas de Talin. Celui de Bouquet fut construit au 19ème siècle. Le four de Suzon est sans doute bien antérieur à ceux-ci, du fait de l’histoire plus ancienne du hameau. Un four à pain complet pouvait être flanqué de sa fagotière et d’un hangar. D’autres constructions étaient réduites à leur plus simple expression.

Ces vestiges de la vie quotidienne dans les siècles passés sont émouvants : ils nous montrent que les habitants étaient solidaires dans leurs efforts et mettaient leurs ressources en commun pour prospérer dans les conditions difficiles qui étaient les leurs. On ne parlait pas encore, alors, de “revivifier le lien social” …, celui-ci était au contraire le gage de la survie de tous.

(*)(source : « Entre Cévennes et garrigues, le village de Bouquet », Editions Lacour, Nîmes, 1987, rédigé par les associations « Le Mont Bouquet » et « Recherches historiques des villages du canton de St Ambroix »)

 

 

 

 

 

 

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