Les garrigues de Lussan, au sein desquelles se situe la commune de Bouquet, représentent un environnement fragile, peu propice à l’agriculture d’une façon générale, et de ressources rares et précieuses. C’est pourquoi les techniques innovantes et récentes qui visent à la régénération du sol, la reforestation, l’économie d’eau, la biodiversité, l’utilisation de l’énergie solaire, etc, sont particulièrement appropriées et pertinentes dans ce type d’environnement. De même qu’une agriculture sans intrants chimiques. D’où l’intérêt d’expérimenter des modes de culture adaptés, en s’inspirant des principes de la permaculture et de l’agroforesterie : micro-forêt, strates de végétation, synergie des plantes, paillage, renouvellement des sols, cultures sur buttes, etc … Essayons de voir cela plus en détail.
Laissons parler les Chambres d’Agriculture de France. Qu’est-ce que l’agroforesterie ?
« L’agroforesterie se définit comme l’association d’arbres et de culture ou d’animaux d’élevage dans un même système de production agricole. Les arbres, d’essences forestières ou fruitières, peuvent se trouver au sein même d’une parcelle agricole (agroforesterie intraparcellaire) ou en périphérie (ex. haies bocagères), ou encore en peuplement forestier dans lesquels des productions végétales sont récoltées, ou des animaux sont emmenés à pâturer (sylvopastoralisme). L’agroforesterie est donc plurielle : c’est une infinité de systèmes agroforestiers, dans lesquels toutes les associations arbres et cultures ou pâtures sont imaginables. »
Son intérêt est multiple : » Repenser l’arbre ou la haie au sein de son exploitation agricole n’a pas que des vertus paysagères. Son entretien et son implantation apportent de multiples bénéfices : lutte contre l’érosion des sols ; création d’un microclimat favorisant les rendements des cultures (brise vent et limitation de l’évapotranspiration) ; développement d’insectes auxiliaires limitant l’attaque de ravageurs ; conservation des sols ; bien-être animal etc. A tous ces avantages, il faut également ajouter la valorisation économique potentielle à terme du produit (bois d’œuvre, bois énergie, BRF…), des copeaux en litière plaquettes comme substitut de la paille en élevage, des récoltes fruitières en cas d’implantation de vergers ou de noyers… » (en savoir plus).
Bref, dans des terres comme les nôtres, ce type d’approche peut offrir beaucoup de bénéfices, pour peu que l’on se donne les moyens et le recul pour la déployer. Quelques essais sur la commune de Bouquet sont d’ailleurs en cours. A suivre de près !
Toujours dans un contexte de sol pauvre, de couche d’humus rare, de ressources d’eau contraintes, la permaculture apparaît comme un mode de culture pertinent dans l’environnement de garrigues qui nous entoure. Qu’entend-on d’ailleurs par « permaculture » ?
La permaculture est entendue comme « un ensemble de pratiques et de modes de pensée visant à créer une agriculture plus soutenable et intégrant l’aménagement du territoire, la rénovation urbaine, l’étude du paysage, etc ». Ce concept a été développé dans les années 1970 par Bill Mollison et David Holmgren, deux écologistes australiens qui cherchaient à proposer une méthode alternative aux modèles agricoles destructeurs.
Dans la pratique, il s’agit d’imiter le fonctionnement naturel des milieux pour limiter les apports extérieurs, par exemple en utilisant les déchets verts pour couvrir le sol et ainsi limiter l’évaporation et les besoins en irrigation. Le complantage de plantes de hauteur différentes sur une même parcelle, comme dans un écosystème, vise à assurer des rendements élevés tout en favorisant le maintien voire le développement de la biodiversité. La permaculture repose bien souvent sur des techniques connues de longue date, mais oubliées avec l’essor de l’agriculture productiviste, comme la milpa, pratiquée traditionnellement en Amérique centrale et reposant sur la complémentarité des plantes (Woessner, 2022).
Depuis plusieurs années, la permaculture suscite un intérêt grandissant, aussi bien chez les jardiniers amateurs que chez les agriculteurs et les citadins en quête d’un mode de culture plus harmonieux et productif. Fondée sur l’observation des écosystèmes existants dans la nature, cette approche favorise l’équilibre entre la terre, les plantes et les animaux, tout en optimisant l’utilisation des ressources. Elle repose sur des principes écologiques et éthiques qui permettent de produire de manière plus résiliente, tout en respectant la terre, l’eau et la biodiversité. Le mot « permaculture » est une contraction des mots « permanent » et « agriculture ». Il illustre l’idée d’une production alimentaire durable et pérenne.