Le réseau écologique européen Natura 2000 –

En 1992, au « sommet de la Terre » de Rio de Janeiro, en réponse aux inquiétudes croissantes concernant la diminution de notre patrimoine naturel, l’Union européenne s’est engagée à enrayer la perte de la biodiversité sur ses territoires en créant un réseau de sites écologiques nommé Natura 2000. Avec près de 27 308 sites terrestres et marins, il s’agit du plus vaste maillage de sites protégés au monde.

Ce réseau mis en place en application de la Directive « Oiseaux » de 1979 et de la Directive « Habitats » de 1992 vise à assurer la survie à long terme des espèces et des habitats particulièrement menacés, à forts enjeux de conservation en Europe. Il est constitué d’un ensemble de sites naturels, terrestres et marins, identifiés pour la rareté ou la fragilité des espèces de la flore et de la faune sauvage et des milieux naturels qu’ils abritent.

Le réseau européen Natura 2000 comprend deux types de sites :

  • Des Zones de Protection Spéciales (ZPS), visant la conservation des espèces d’oiseaux sauvages figurant à l’annexe I de la Directive « Oiseaux » ou qui servent d’aires de reproduction, de mue, d’hivernage ou de zones de relais à des oiseaux migrateurs
  • Des Zones Spéciales de Conservation (ZSC) visant la conservation des types d’habitats et des espèces animales et végétales figurant aux annexes I et II de la Directive « Habitats ».

Chaque Etat membre est tenu d’identifier des sites importants pour la conservation de certaines espèces rares et en danger ainsi que des types d’habitats communautaires, présents sur son territoire, en vue de leur intégration dans le réseau Natura 2000. Une fois désignés, ces sites Natura 2000 doivent être gérés de façon à garantir la survie à long terme des espèces et des habitats en faveur desquels ils ont été désignés.

Bouquet au coeur de la ZPS « Garrigues de Lussan »

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La Zone de Protection Spéciale FR9112033, c’est-à-dire le site des Garrigues de Lussan, est formé d’un vaste plateau calcaire entrecoupé de nombreuses vallées sèches et de profonds canyons. Les garrigues boisées dominent sur ce secteur devançant les taillis et garrigues non boisées. Le chêne vert demeure l’essence la plus présente au sud du site, accompagné du chêne pubescent sur des secteurs plus humides.

Sur le territoire des Garrigues de Lussan et plus particulièrement le site de nidification de Fons-sur-Lussan, un couple de vautour percnoptère était encore présent en 1999.

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Des observations d’individus erratiques dans ce secteur et le maintien de l’élevage dans cette partie du département restent un atout déterminant pour une re-colonisation spontanée. La découverte d’un couple reproducteur en 2003 montre que cette entité géographique présente toujours un intérêt particulier pour cette espèce, en lui offrant des conditions de vie favorables. De plus, ce site constitue un lien essentiel dans la petite population méditerranéenne résiduelle du Sud-Est de la France (comprenant une vingtaine de couples seulement), situé entre les noyaux d’Ardèche et Drôme-Isère, au nord, des gorges du Gardon, au sud, du Lubéron et des Alpilles, à l’est, du haut montpelliérais et des Gorges Tarn-Jonte, à l’ouest.

Sur le territoire des garrigues de Lussan, le Vautour percnoptère a occupé régulièrement le secteur du Mont-Bouquet jusqu’en 1967. La dernière nidification aurait été observée par Jean Denis MERIC et René NOZERAND (ONCFS) en 1972. Aujourd’hui, le Mont Bouquet ( point culminant à 629 m ) constitue un site très prisé pour l’escalade. Le guidon du Bouquet situé à quelques centaines de mètres de l’ancien site de nidification est pour sa part recherché par les adeptes du vol libre et offre un panorama particulièrement apprécié des randonneurs. Le secteur des Rochers du Peyrol, situé en partie Nord du massif du Bouquet, est constitué d’un vaste ensemble de corniches et d’escarpements rocheux. Dans les années 1990, un couple de percnoptères (initialement dans le canyon des Concluses) est venu s’installer dans ce site et s’y est reproduit. Délocalisé à la fin des années 1990 (dernière reproduction en 1999), il est allé se réfugier quelques kilomètres plus à l’Ouest. Ce site demeure un site d’accueil potentiel très important.

Le site des Concluses, au Nord-Est de Lussan, se compose de deux canyons encaissés, présentant de nombreux escarpements rocheux, qui forment un espace rupestre remarquable. Ce site a abrité un couple de vautour percnoptère jusqu’en 1989.

Le vautour percnoptère est un oiseaux migrateur hivernant en Afrique occidentale. Sur ce site, il utilise de mars à avril les divers milieux du massif : les sites rupestres (souvent en milieu boisé) permettent sa reproduction en toute tranquillité et les milieux ouverts principalement pour s’alimenter (il est à noter que ces milieux ouverts peuvent évoluer dans le temps et l’espace au fil des abandons de gestion pastorale ou culture mais aussi de réouverture par les incendies…). Sa bonne gestion est donc un des éléments clé de la préservation de cette espèce dans le Sud-Est de la France.

De plus, une quinzaine d’autres espèces d’oiseaux protégés se reproduisent dans ce site et une bonne dizaine de ces espèces le traversent en migration . Ce site présente également une qualité potentielle par rapport à trois espèces dont les dernières nidifications remontent à quelques années :

  • – l’aigle de Bonelli ( dernière nidification en 1988 )  2014-09-13_103431

 

 

 

  • – le faucon crécerelette ( nicheur ancien jusqu’en 1984-1991  2014-09-13_103627

 

 

 

  • – l’outarde canepetière (dernière nidification en 1996-1998 )  2014-09-13_103701

 

 

Pour aller plus loin :

http://inpn.mnhn.fr/site/natura2000/FR9112033
http://www.developpement-durable.gouv.fr/L-espace-recherche-Natura-2000.html

http://cartelie.application.developpement-durable.gouv.fr/cartelie/voir.do?carte=Natura2000&service=DGALN

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